La PosterleSauzet · Drôme provençale

La Posterle de Beauvoisin

À Beauvoisin, dans les Baronnies, le nom Posterle est aujourd’hui notamment associé à un col situé à 895 m d’altitude, sur la limite communale avec Rochebrune offrant un point de vue dégagé sur toute la vallée.

Panneau du col de la Posterle à Beauvoisin
Panneau du col de la Posterle à Beauvoisin

Depuis Beauvoisin, un sentier direct, étroit et très raide monte vers le col. Sur sa partie terminale, le calcaire affleure presque continûment et forme plusieurs ressauts en donnant localement l’impression de marches naturelles.

Cette disposition n’est pas rare dans les reliefs calcaires de la Drôme et ne saurait, à elle seule, expliquer le toponyme. Elle prend davantage de sens replacée dans son contexte local : parmi les différents passages des environs de Beauvoisin, cet itinéraire appelé aujourd’hui « Ancien Chemin » constitue le franchissement le plus fortement marqué par le dénivelé. Des accès aux six cols environnants, celui-ci est le plus escarpé.

Sentier rocheux montant à la Posterle de Beauvoisin
Sentier de la Pousterle de Beauvoisin

Le sentier permet de franchir la ligne de crête et de rejoindre le versant opposé, où l’on peut voir un hameau en contre-bas. Depuis Beauvoisin, il constitue ainsi un raccourci, par opposition aux autres itinéraires beaucoup plus longs permettant de contourner le relief. Cette fonction est d’autant plus intéressante qu’un témoignage relatif aux événements de 1943 évoque précisément « le raccourci de la Pousterle ». [1] La forme Pousterle apparaît donc ici comme variante de Posterle, mais surtout le nom est associé non à un « col », mais à un cheminement permettant de franchir rapidement le relief.

Le cadastre napoléonien apporte un élément supplémentaire. Il ne mentionne pas un col de la Posterle, mais simplement « La Posterle », inscrit sur le versant de Beauvoisin, dans le secteur parcouru par le sentier montant vers la crête.

Cadastre ancien du lieu-dit La Posterle à Beauvoisin
Lieu-dit « La Posterle » - Cadastre Napoléonien

Le nom n’apparaît pas, en revanche, sur le cadastre ancien de Rochebrune. Cette disposition suggère que La Posterle désignait d’abord un lieu ou un secteur du territoire de Beauvoisin, associé au passage, plutôt que le seul point géographique du col. La nomenclature actuelle conserve d’ailleurs encore le toponyme autonome La Posterle. [2]

Le cadastre napoléonien désigne un secteur appelé « La Posterle », et non un col. Cette appellation s'est conservée jusqu'au cadastre actuel. Le nom « col de la Posterle » s’est très probablement construit à partir de celui du lieu-dit, plutôt que l'inverse.

Le col présente en outre une relation visuelle directe avec le site castral de Beauvoisin, attesté en 1293 sous la forme Castrum de bello vicinio [3]. Ce site, établi sur une hauteur à proximité immédiate du col de la Viare, [4], est parfaitement visible depuis la Posterle. Celle-ci et le site castral se trouvent de part et d’autre du village de Beauvoisin, dans un axe général est-ouest traversant le territoire communal. Cette relation visuelle ne démontre rien mais mérite d’être soulignée.

À Beauvoisin, plusieurs caractères rejoignent ceux observés à Comps et Condorcet : un passage de crête, un fort dénivelé, une limite territoriale, un cheminement étroit et localement rocheux, un accès direct, ainsi que la visibilité d’un site castral.

Le cas est également intéressant sur le plan toponymique : les formes Posterle et Pousterle y sont toutes deux attestées. De plus, le nom autonome La Posterle paraît avoir précédé l’usage plus récent de col de la Posterle.

Sources et références

[1] Claude Seyve et Michel Seyve, « La ferme de La Fournache (Rochebrune) », Musée de la Résistance en ligne, témoignage de Marcel Faraud. ↩

[2] DGFiP, Fichier FANTOIR des voies et lieux-dits, commune de Beauvoisin (Drôme, INSEE 26043), code voie B038 : « LA POSTERLE », type 3 (« lieu-dit ») ↩

[3] La Drôme Tourisme, « Beauvoisin » : première mention en 1293 sous la forme Castrum de bello vicinio. ↩

[4] Randouvèze, « Beauvoisin – Tour de la Viare » ; voir également la description du château reproduite dans l'itinéraire « Ligne de crête des Costes et retour via le château » ↩

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