La PosterleSauzet · Drôme provençale

Sauzet, un dauphin et le Dauphiné

L’histoire d’un nom

Un Dauphin à Sauzet

À Sauzet, chacun sait que le futur Louis XI, alors Dauphin, séjourna plusieurs fois au château.

Ces séjours sont bien documentés : les 24 et 25 avril, puis les 2, 17, 21 et 31 mai 1449, le 16 avril 1450, le 8 décembre 1452, le 1er juin 1453 et enfin le 1er janvier 1454. [1]

C’est notamment à Sauzet qu’il crée la sénéchaussée de Montélimar le 17 mai 1449 dont relevait notamment la Valdaine. [1]

Mais l’histoire qui nous intéresse ici porte un nom : Dauphin.

Pourquoi ce nom et pourquoi le Dauphiné ? Quel rapport entre un futur roi de France, une région et un animal marin ?

Et pourquoi Louis, Dauphin, est également appelé Louis II ?

Pour le comprendre, il faut remonter le temps de quelques siècles et se rendre dans le nord de la Drôme.

Aux origines

Le comté d’Albon vers 1100

Tour d’Albon
Tour d’Albon

Au début du XIIe siècle, les comtes d’Albon sont déjà à la tête d’un ensemble territorial important.

Ce territoire appartient alors au royaume de Bourgogne, intégré au Saint-Empire romain germanique.

Le cœur du comté se situe à Albon, entre Valence et Vienne, sur une hauteur dominant la vallée du Rhône.

Mais leur puissance dépasse déjà largement cette région. Au cours du XIe siècle, les Guigues étendent leurs possessions et leurs droits vers l’est, notamment dans le Grésivaudan, l’Oisans et le Briançonnais, jusqu’au-delà du Montgenèvre, sur le versant italien des Alpes.

Possessions et principales zones d’influence des comtes d’Albon vers 1100
Possessions et principales zones d’influence des comtes d’Albon vers 1100

Face à eux s’affirme une autre grande puissance régionale : la maison de Savoie, solidement implantée en Maurienne et autour de Suse. Les deux dynasties se retrouvent ainsi en concurrence dans plusieurs secteurs des Alpes et pour leurs voies de passage.

C’est dans ce contexte de montée en puissance et de rivalité entre grandes familles princières qu’apparaît un certain Delphinus.

En 1110, un acte mentionne le jeune Guigues, fils du comte Guigues III d’Albon, sous le nom de « Guigues Dauphin » (Guigo Delphinus), plus de vingt ans avant qu’il ne succède à son père à la tête du comté d’Albon, vers 1133. [2]

D’où vient le nom « Dauphin » ?

L’origine de ce nom demeure discutée, et plusieurs explications ont été proposées au fil du temps :

Le nom viendrait de l’emblème du dauphin que Guigues aurait porté sur ses armes. Auguste Prudhomme a montré dès 1893 que cette explication ne pouvait être retenue : le mot Dalphinus est attesté dès 1110, alors que le dauphin n’apparaît dans les armes de la famille que bien plus tard, au XIIIe siècle. Prudhomme privilégiait plutôt l’idée d’un nom personnel, peut-être reçu au baptême, Delphinus étant par ailleurs attesté comme prénom. [3]

Sceau de Guigues VII de Viennois, 1237. Le dauphin apparaît sur son écu : c’est la plus ancienne représentation connue de l’emblème chez les Dauphins de Viennois. — IRHT, base SIGILLA
Sceau de Guigues VII de Viennois, 1237. Le dauphin apparaît sur son écu : c’est la plus ancienne représentation connue de l’emblème chez les Dauphins de Viennois. — IRHT, base SIGILLA

Une autre hypothèse, défendue par Georges de Manteyer, faisait intervenir la mère de Guigues IV. La considérant comme d’origine anglaise, il rapprochait Dauphin du nom Dolfin, attesté dans des familles du monde anglo-saxon, et supposait que cette appellation avait ainsi été introduite dans la famille d’Albon. Cette théorie, encore reprise au début du XXe siècle, sera ensuite rejetée par Bernard Bligny. [4]

Bernard Bligny a proposé une interprétation différente. Pour lui, Dalphinus ne serait ni un prénom ni un surnom, mais une marque dynastique de prestige, apparue dans un contexte où les comtes d’Albon cherchaient à affirmer leur rang face notamment à la puissante maison de Savoie. Il rapproche cette appellation du monde aristocratique italien, auquel appartenait selon lui très probablement la mère de Guigues IV, et suggère que le terme ait pu prendre une valeur symbolique évoquant la puissance ou la fierté, avant de devenir progressivement un véritable titre. [5]

Comment naît le Dauphiné

Cette évolution se fait en plusieurs étapes :

Un homme : une dynastie

Guigues IV devient comte d’Albon vers 1133 et conserve cette appellation jusqu’à sa mort en 1142.

Mais Dauphin ne disparaît pas avec lui.

Ses descendants reprennent à leur tour le nom. Son fils Guigues V l’emploie, puis l’appellation se transmet au sein de la famille, y compris lorsque la succession passe par les femmes et que la lignée change.

Dauphin cesse progressivement d’être seulement associé à Guigues IV pour devenir une marque de la dynastie. [5]

Le phénomène apparaît d’autant plus clairement que les anciens surnoms des Guigues — le Vieux, le Gras, etc. — étaient personnels et disparaissaient avec celui qui les portait. Dauphin, au contraire, se transmet.

Un titre : le Dauphin

Le glissement se poursuit au cours des XIIe et XIIIe siècles.

Les princes continuent à être comtes d’Albon ou, de plus en plus souvent, de Viennois, selon les actes et les périodes, mais le mot Dauphin prend une place croissante dans leur titulature. [6]

Ce qui était d’abord attaché au nom de Guigues devient progressivement la désignation même du prince.

Au XIIIe siècle, constate Bernard Bligny, Dalphinus finit par supplanter le latin comes, « comte », dans l’usage : on ne désigne plus seulement le souverain par les territoires dont il est comte ; on l’appelle désormais le Dauphin. [5]

Un territoire : le Dauphiné

Il restait une dernière transformation.

Pendant longtemps, les possessions des comtes d’Albon n’ont pas tous porté le nom de Dauphiné. Elles formaient un ensemble encore assez disparate de seigneuries, de droits et de territoires progressivement réunis sous l’autorité de la même dynastie.

Peu à peu, cependant, le territoire commence à être désigné par celui qui le gouverne. En 1293 apparaît dans un acte la première attestation connue du terme latin Dalphinatus. [7] Le mot ne désigne plus seulement la dignité du Dauphin : il en vient à désigner le territoire placé sous son autorité.

Autrement dit, le territoire du Dauphin devient le Dauphiné.

Une autre évolution accompagne ce changement. Le vieux comté d’Albon ne suffit plus à désigner un pouvoir qui s’est largement étendu au-delà de son berceau. Les princes emploient de plus en plus la référence au Viennois, c’est-à-dire à l’ancien pays de Vienne, ensemble territorial beaucoup plus vaste que la seule ville. Le terme ne signifie d’ailleurs pas que Vienne elle-même appartienne alors directement au Dauphin : la cité conserve longtemps un statut particulier sous l’autorité de son archevêque.

C’est dans ce contexte que s’impose progressivement une appellation nouvelle :

Dalphinatus Viennensis, le Dauphiné de Viennois.

Le Dauphiné peut désormais être considéré comme une véritable principauté : un ensemble de terres réunies sous l’autorité d’un même prince, le Dauphin, qui y exerce un pouvoir politique largement autonome. [8]

Le Dauphiné de Viennois et les principales principautés et seigneuries vers 1300 - reconstitution schématique
Le Dauphiné de Viennois et les principales principautés et seigneuries vers 1300 - reconstitution schématique

Le Dauphiné entre dans la maison de France

Le « Transport » du Dauphiné

Sceau de Humbert II
Sceau de Humbert II

Au milieu du XIVe siècle, Humbert II, dernier Dauphin de Viennois de la maison de La Tour-du-Pin, se trouve dans une situation difficile. Sans héritier et lourdement endetté, il cherche depuis plusieurs années à transmettre sa principauté tout en entendant préserver les institutions, les libertés et l'identité propre du Dauphiné. [9]

Après diverses négociations, un accord est conclu avec la maison royale de France.

Le 30 mars 1349, le traité de Romans fixe les conditions de ce que l’on appellera non pas la vente ou l’annexion, mais le « Transport du Dauphiné ». [10]

Le choix du mot n’est pas anodin. Le Dauphiné ne doit pas être purement et simplement confondu avec le royaume de France. Quelques jours auparavant, le Statut delphinal, promulgué le 14 mars, avait solennellement confirmé une série de droits et de garanties accordés à ses sujets. [11]

Détail important : le traité interdit d'unir le Dauphiné au royaume de France, à moins que les couronnes de France et de l'Empire Germanique ne soient réunies sur une même tête. Une condition qui ne sera jamais remplie. [12]

Le Dauphiné conserve ainsi son existence juridique distincte et ses institutions propres. Sans être incorporé au royaume de France, il passe sous l'autorité d'un prince de la famille royale française.[10]

Armorial de La Planche - Bibliothèque du Musée Condé
Armorial de La Planche - Bibliothèque du Musée Condé

Le Dauphiné confié à un prince appelé à régner

Le 16 juillet 1349, à Lyon, Humbert II remet officiellement le Dauphiné au jeune Charles, âgé de onze ans, futur Charles V. Il lui transmet symboliquement les insignes du pouvoir delphinal : la bannière, le sceptre, l’anneau et l’épée. [13]

Un détail est essentiel : Charles n’est encore que le petit fils du roi de France.

Le roi est alors Philippe VI. Charles est son petit-fils, fils aîné de Jean, duc de Normandie, lui-même fils aîné du roi et futur Jean II le Bon.

Le territoire n’est donc pas simplement remis à un prince quelconque de la famille royale : il est placé entre les mains d’un prince situé dans la ligne directe appelée à monter sur le trône.

Charles devient ainsi le premier prince de la maison de France à porter véritablement le titre de Dauphin de Viennois. [13]

Le mécanisme qui fera du fils aîné du roi le Dauphin est ainsi en place : c’est parce que l’héritier de la maison royale reçoit le Dauphiné qu’il devient Dauphin.

Un titre encore attaché à un territoire

Cependant, en 1349, le fait d’être Dauphin ne signifie pas encore être l’héritier du trône.

Charles est Dauphin parce qu’il est le prince du Dauphiné.

Lorsque son grand-père Philippe VI meurt en 1350, son père devient le roi Jean II : Charles est alors à la fois Dauphin de Viennois et fils aîné du roi.

Pour la première fois, les deux situations coïncident parfaitement : le Dauphin est aussi l’héritier du royaume de France.

À la mort de Jean II en 1364, Charles devient à son tour roi de France sous le nom de Charles V.

Mais un détail montre combien le titre reste encore lié au territoire : Charles V n’ayant pas alors de fils, il conserve lui-même le titre et l’administration du Dauphiné. Dans des actes concernant la principauté, il se qualifie encore de « roi de France et Dauphin de Viennois ». [11]

Ce n’est qu’après la naissance de son fils Charles, futur Charles VI, en 1368, que le Dauphiné peut à nouveau être transmis à la génération suivante. [14]

Le mécanisme se fixe progressivement : le fils appelé à succéder au roi reçoit le Dauphiné et, avec lui, le titre de Dauphin.

Peu à peu, le Dauphin devient l’héritier du roi

À mesure que les générations se succèdent, la relation de cause à effet finit par s’effacer dans les esprits.

À l’origine : il est Dauphin parce qu’il possède le Dauphiné.

Peu à peu : il est Dauphin parce qu’il est le fils destiné à devenir roi.

Le titre territorial se transforme ainsi en titre dynastique de l’héritier de la Couronne, même si pendant longtemps le prince est encore officiellement Dauphin de Viennois.

Quant au Dauphiné, certains Dauphins n’y mettent pratiquement jamais les pieds.

Un autre, au contraire, va réellement gouverner sa principauté : Louis, futur Louis XI.

Le Dauphin Louis. Bibliothèque municipale d'Arras
Le Dauphin Louis. Bibliothèque municipale d'Arras

Louis II, un Dauphin qui gouverne

Au XVe siècle, le futur Louis XI offre le dernier grand exemple de ce que pouvait encore signifier concrètement le titre. En Dauphiné, il est aussi désigné comme Louis II : il est le deuxième Dauphin de Viennois prénommé Louis, après Louis de Guyenne, fils de Charles VI, qui porta le titre de 1401 à 1415.

Installé en Dauphiné à partir de 1447, le Dauphin Louis y exerce personnellement le pouvoir pendant près de dix ans. Il réforme l'administration, érige le Conseil delphinal en Parlement et favorise le développement de l'université de Valence. [15]

Il gouverne sa principauté avec une autonomie telle que ses relations avec son père, Charles VII, deviennent particulièrement conflictuelles.

À cette époque, Sauzet vient tout juste d'être rattaché au Dauphiné, après avoir longtemps relevé du Valentinois. Ce rattachement, intervenu en 1446, résulte d'un processus complexe et fait l’objet d’une étude distincte. [16]

Les séjours du Dauphin au château de Sauzet, à partir de 1449, prennent dès lors un relief particulier : Louis ne vient pas simplement dans une localité dauphinoise parmi d'autres, mais dans une ancienne seigneurie du Valentinois récemment intégrée à sa principauté.

Après lui, le lien personnel entre le Dauphin et sa province s'affaiblit fortement. Le Dauphiné est de plus en plus administré comme une province de la monarchie française, tandis que le titre poursuit désormais sa propre histoire à la cour.

Le Dauphiné au XVIIe siècle, d’après Jean de Beins
Le Dauphiné au XVIIe siècle, d’après Jean de Beins

Du « Dauphin de Viennois » au « Dauphin de France »

Au fil des siècles, le sens originel du titre devient de moins en moins perceptible.

Le Dauphin porte toujours dans ses armes celles du royaume de France associées à celles du Dauphiné, mais il est désormais avant tout connu comme le fils destiné à succéder au roi.

Sous les Valois puis sous les Bourbons, le mot Dauphin finit ainsi par désigner presque naturellement l’héritier dynastique.

A partir du XVIe siècle l’expression « Dauphin de France » se substitue alors progressivement à celle de « Dauphin de Viennois ».

Hiérosme de Bara, Le Blason des armoiries, 1628
Hiérosme de Bara, Le Blason des armoiries, 1628

Sources, notes et références

[1] LACROIX, André, L’Arrondissement de Montélimar. Géographie, Histoire, Statistique, tome VIII, Valence, Combier et Nivoche, 1893, notice « Sauzet » ↩

[2] CHEVALIER, Ulysse, Regeste dauphinois, t. I, fasc. II, Valence, 1913, acte n° 3067, p. 524. ↩

[3] PRUDHOMME, Auguste, « De l’origine et du sens des mots Dauphin et Dauphiné et de leur rapport avec l’emblème du dauphin en Dauphiné, en Auvergne et en Forez », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 54, 1893, p. 429-456. ↩

[4] DE MANTEYER, Georges, Les Origines du Dauphiné de Viennois. La première race des comtes d’Albon, 843-1228, Gap, Jean & Peyrot, 1925. L’hypothèse anglaise de Manteyer est également résumée dans le compte rendu des travaux de Kurt Mayer publié dans la Bibliothèque de l’École des chartes, 1931. ↩

[5] BLIGNY, Bernard, « Note sur l’origine et la signification du terme “dauphin” (de Viennois) », dans Le monde animal et ses représentations au Moyen Âge (XIe-XVe siècles), Actes du 15e congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public, Toulouse, 1984, p. 155-156. Voir également BLIGNY, Bernard, « Le Dauphiné, quelques remarques », 1979. ↩

[6] BRUEL, Alexandre, compte rendu de Ulysse Chevalier, Itinéraire des Dauphins de la troisième race, Bibliothèque de l’École des chartes, t. 48, 1887, p. 595-596. Les titulatures relevées chez les Dauphins de la fin du XIIIe siècle associent notamment Dalphinus aux titres comtaux de Viennois et d’Albon. ↩

[7] BLIGNY, Bernard, « Le Dauphiné, quelques remarques », 1979. L’auteur relève en 1293 la première mention connue de Dalphinatus employé pour désigner le ressort territorial placé sous l’autorité du Dauphin. ↩

[8] BLIGNY, Bernard, « Le Dauphiné, quelques remarques », dans Les Principautés au Moyen Âge, Actes du 4e congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public, Bordeaux, 1973, p. 79-84. ↩

[9] LEROY, Aubin, compte rendu de l’ouvrage d’Anne Lemonde, Bibliothèque de l’École des chartes, 2004, tome 162, livraison 1, p. 261-263 ↩

[10] PARAVY, Pierrette et VERDIER, René (dir.), De la principauté à la province. Autour du Transport du Dauphiné à la Couronne de France (1349), Grenoble, 2001. Voir également les travaux d’Anne Lemonde consacrés au Transport de 1349. ↩

[11] SANTAMARIA-LEMONDE, Anne, « Non est enim potestas, nisi a Deo… Les fondements contractuels du pouvoir en Dauphiné à la lumière du Statut de 1349 », dans Avant le contrat social, Publications de la Sorbonne. Le Statut solennel est promulgué le 14 mars 1349 ; l’accord définitif sur le Transport est fixé le 30 mars suivant. ↩

[12] MERLIN-CHAZELAS, Anne, « La notion de frontière d’Empire sous François Ier », dans Frontières, actes du 125e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques (Lille, 2000), Paris, Éditions du CTHS, 2002, p. 29-46. ↩

[13] IRHT – SIGILLA, notice « Charles V de France » : Charles, petit-fils de Philippe VI, reçoit le Viennois d’Humbert II en 1349 et en prend officiellement possession à Lyon le 16 juillet. ↩

[14] Vincennes aux origines de l’État moderne, Presses de l’École normale supérieure : devenu roi en 1364 et encore sans fils, Charles V conserve le titre et l’administration du Dauphiné jusqu’à la naissance du futur Charles VI en 1368 ; des actes le qualifient encore de « roi de France, dauphin de Viennois ». ↩

[15] PILOT DE THOREY, Emmanuel, Catalogue des actes du dauphin Louis II, devenu le roi de France Louis XI, relatifs à l’administration du Dauphiné. Voir le compte rendu publié dans la Bibliothèque de l’École des chartes, 1900, qui souligne l’importance des dix années d’administration personnelle du Dauphiné par le futur Louis XI. ↩

[16] Le rattachement de Sauzet au Dauphiné, laposterle.com, étude en préparation ↩

Revenir en haut de page ↑